La SASU et l'EURL (la version unipersonnelle de la SARL) permettent toutes les deux de créer une société seul. Le choix entre les deux se joue sur trois terrains : la protection sociale du dirigeant, la souplesse des statuts, et les perspectives d'ouverture du capital.
À retenir : la SASU protège mieux le dirigeant (régime général) mais coûte plus cher en cotisations ; l'EURL coûte moins cher (régime TNS) mais couvre moins bien. Le second critère qui départage souvent les deux : la SASU s'ouvre plus facilement à des investisseurs.
| SASU | EURL | |
|---|---|---|
| Régime social du dirigeant | Assimilé salarié (régime général) | Travailleur non-salarié (TNS) |
| Cotisations sociales | Plus élevées | Plus légères |
| Souplesse des statuts | Rédaction libre | Encadrée par le Code de commerce |
| Fiscalité par défaut | Impôt sur les sociétés | Impôt sur le revenu (option IS possible) |
| Entrée d'un tiers au capital | Cession d'actions libre par défaut, que les statuts peuvent encadrer | Cession de parts à un tiers soumise à agrément dès qu'il y a plusieurs associés (art. L. 223-14) |
Ce que le tableau ne dit pas : à qui chaque statut profite vraiment
Le régime TNS de l'EURL n'est un problème que si vous comptez vous verser une rémunération significative dès le départ : sur de petits montants, l'écart de cotisations reste marginal, et beaucoup de créateurs sous-estiment à quel point la couverture retraite/prévoyance plus faible pèsera dans vingt ans plutôt que dans les premiers mois. À l'inverse, un dirigeant qui a besoin d'emprunter personnellement (prêt immobilier, par exemple) profite souvent d'un statut « assimilé salarié » mieux perçu par les banques.
Sur la souplesse des statuts, la vraie différence ne se voit pas à la création mais plus tard : le jour où vous voulez faire entrer un associé avec des règles particulières (droit de vote renforcé, clause de sortie sur mesure), les statuts de SASU absorbent ce genre d'aménagement sans difficulté ; ceux de la SARL demandent souvent un montage plus lourd, parfois impossible sans transformation préalable en SAS.
Dans les deux cas, votre patrimoine n'est pas totalement à l'abri
L'associé unique ne supporte les pertes qu'à concurrence de son apport, que ce soit en SASU (art. L. 227-1 du Code de commerce) ou en EURL. En pratique, la protection s'arrête là où commencent vos engagements personnels : les banques et les bailleurs demandent fréquemment une caution du dirigeant, qui neutralise la limitation de responsabilité pour la dette concernée. Et une faute de gestion peut engager la responsabilité du dirigeant, quel que soit le statut, notamment en cas de liquidation judiciaire.
Le capital : pas de minimum, mais un signal
La loi ne fixe aucun capital minimum : il est déterminé librement par les statuts (art. L. 223-2 pour la SARL). Un capital très faible reste possible, mais il peut inquiéter un banquier ou un fournisseur et se révèle vite insuffisant pour financer le démarrage. Mieux vaut le calibrer sur vos besoins réels et sur l'image que vous voulez donner. Ce calibrage fait partie de l'accompagnement à la création de société.
Il n'y a pas de réponse universelle : le bon choix dépend de vos priorités entre couverture sociale immédiate et flexibilité future. Parlons-en avant l'immatriculation : c'est le seul moment où le choix ne coûte rien à changer.
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Je suis seul aujourd'hui, mais je pense recruter un associé dans deux ans : est-ce que ça change le choix ?
Oui, dans le sens de la SASU. Une SARL/EURL qui accueille un associé plus tard doit composer avec un cadre légal plus rigide sur la gouvernance ; une SASU absorbe ce changement sans avoir à retoucher toute sa structure.
Le régime TNS de l'EURL est-il vraiment moins avantageux ?
Moins protecteur, pas forcément moins avantageux : sur une petite rémunération, l'écart de cotisations est faible, et beaucoup de dirigeants d'EURL complètent leur couverture par une prévoyance privée à moindre coût que le différentiel de charges d'une SASU.
Quel statut protège le mieux mon patrimoine personnel ?
Ni l'un ni l'autre ne vous protège de ce que vous engagez personnellement. Les deux limitent votre responsabilité à vos apports, mais une caution demandée par une banque ou un bailleur s'y ajoute, et une faute de gestion peut engager votre responsabilité quel que soit le statut.
Puis-je changer de structure après la création ?
Oui, une transformation est possible, mais elle a un coût (formalités, parfois fiscalité) qu'il vaut mieux éviter en choisissant la bonne structure dès le départ, en fonction de vos priorités réelles.