Deux dispositifs permettent d'associer financièrement vos salariés aux résultats de l'entreprise sans toucher au capital, mais leur logique est opposée. La prime de partage de la valeur (PPV) est un versement ponctuel décidé librement par l'employeur. L'intéressement est une formule liée aux résultats, qui engage l'entreprise si les objectifs sont atteints.

À retenir : depuis le 1er janvier 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés bénéficiaires depuis 3 exercices consécutifs doivent obligatoirement mettre en place l'un de ces dispositifs : PPV, intéressement, participation volontaire ou abondement sur un plan d'épargne.

PPVIntéressement
NatureVersement discrétionnaire ponctuelFormule liée aux résultats, engageante
Plafond par salarié3 000 € (6 000 € avec accord d'intéressement/participation)75 % du plafond annuel de la sécurité sociale
Mise en placeAccord ou décision unilatéraleAccord-type DREETS, quelques jours
Modulation5 critères limitatifs (rémunération, ancienneté...)Formule aléatoire liée à la performance

La PPV : un versement discrétionnaire plafonné

L'employeur en fixe librement le montant, dans la limite de 3 000 € par salarié et par année civile (6 000 € si l'entreprise dispose déjà d'un accord d'intéressement ou de participation). Le versement peut être modulé, mais seulement selon cinq critères limitativement énumérés par la loi : le niveau de rémunération, l'ancienneté, la durée de présence effective, la durée contractuelle du travail et la classification. Toute autre modulation, par exemple selon la performance individuelle, entraîne la requalification de la prime en salaire ordinaire et la perte des exonérations. Elle se met en place par accord d'entreprise ou par décision unilatérale de l'employeur.

L'intéressement : une formule liée aux résultats

Contrairement à la PPV, l'intéressement est collectif, aléatoire et lié à une formule de calcul définie à l'avance (résultat courant, marge brute, objectifs qualitatifs) : si les objectifs sont atteints, le versement est dû. Depuis la loi PACTE, un accord-type mis à disposition par la DREETS permet une mise en place en quelques jours, pour une durée d'un à cinq ans. Pour les entreprises de moins de 50 salariés sans CSE, une décision unilatérale de l'employeur suffit désormais, sans négociation préalable.

Une obligation nouvelle pour les PME rentables

Depuis le 1er janvier 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés réalisant un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % du chiffre d'affaires pendant trois exercices consécutifs doivent mettre en place l'un de ces quatre dispositifs : intéressement, participation volontaire, abondement sur un plan d'épargne salariale, ou PPV. Pour une entreprise durablement rentable, l'intéressement a l'avantage de s'inscrire dans la durée (jusqu'à 5 ans) plutôt que de se rejouer chaque année à la décision de l'employeur, comme c'est le cas avec la PPV. Le choix du dispositif se prépare avec l'accompagnement RH : accord ou décision unilatérale, calcul des plafonds.

Le choix dépend de votre trésorerie, de votre visibilité sur les résultats et de vos objectifs RH. Contactez-moi pour évaluer le dispositif adapté à votre entreprise.

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Puis-je moduler la PPV selon la performance de chaque salarié ?

Non. Seuls cinq critères sont autorisés : rémunération, ancienneté, présence effective, durée contractuelle et classification. Une modulation selon la performance individuelle entraîne la perte des exonérations sociales et fiscales.

Suis-je obligé de verser l'intéressement même si les résultats sont mauvais ?

Non, c'est justement le principe de l'aléa : si la formule de calcul définie dans l'accord n'atteint pas les seuils fixés, aucun versement n'est dû. C'est l'inverse de la participation, obligatoire au-delà de 50 salariés.

Mon entreprise de 20 salariés doit-elle mettre en place l'un de ces dispositifs ?

Oui, si elle réalise un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % de son chiffre d'affaires depuis trois exercices consécutifs. L'obligation s'applique depuis le 1er janvier 2025 aux entreprises de 11 à 49 salariés dans cette situation.

Portrait de Cédric David, avocat
Cédric David Avocat au barreau de Montpellier. J'accompagne principalement les entreprises et les dirigeants de l'Hérault et du Gard en droit des affaires, propriété intellectuelle, droit du numérique et droit du travail. Voir le profil · LinkedIn